Iode

Par Dr. A. Bakzinski , le lundi 09 septembre 2013. Mise à jour mardi 17 novembre 2015
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L’iode apporté par l’alimentation est nécessaire à la synthèse des hormones thyroïdiennes. La mesure de l’iodurie, excellent témoin des apports, permet de détecter surcharges (médicamenteuses) et carences (chez la femme enceinte).

Précautions de prélèvement

Pour le dosage de l’iodurie, recueillir les urines de 24 heures sur HCl à 1 % dans un bocal lavé à l’eau déminéralisée.

Valeurs usuelles

À titre indicatif :

  • iodémie (iode protéique) : 40 à 100 μg/L, soit 300 à 800 nmol/L ;
  • iodurie : 100 à 300 μg/24 heures, soit 800 à 2 400 nmol/24 h, en tout cas > 100 μg/24 h, ce qui correspond aux besoins quotidiens.

Facteurs de conversion :

  • μg ×7,87 = nmol ;
  • nmol ×0,127 = μg.

Clinique

Surcharge iodée

Les surcharges iodées s’observent après traitement par l’amiodarone (Cordarone®), scanners avec injection et angiographies,après usage d’antiseptiques iodés (teintur en d’iode, Bétadine®). Elles sont suspectées devant une fixation faible ou nulle de l’iode radioactif par la thyroïde et une scintigraphie blanche. Le dosage de l’iodurie permet de les affirmer.

La prise au long cours d’amiodarone peut conduire (notamment chez les femmes et les personnes âgées) soit à une hypothyroïdie souvent associée à une thyroïdite auto-immune, soit à une thyrotoxicose. Les concentrations d’iode sérique et urinaire sont augmentées pendant la durée du traitement et même après jusqu’à disparition complète de l’imprégnation tissulaire adipeuse et musculaire.

Femme enceinte

Chez la femme enceinte, les besoins en iode augmentent, passant à 200 μg/jour.

Une carence relative favorise le développement d’un goitre chez la mère et d’une hypothyroïdie chez le fœtus. L’HAS recommande de doser la TSH chez les femmes susceptibles d’avoir une carence iodée et de traiter celles dont la TSH est > 3þUI/L, la valeur cible étant fixée à 2,5 UI/L.

Études épidémiologiques

La carence iodée est extrêmement répandue dans le monde (Afrique, Amérique andine, Inde). Elle est recherchée par la mesure de l’iodurie. D’après l’OMS, l’iodurie, utilisée comme indice d’apport alimentaire optimal d’iode, doit se situer entre 100 et 200 μg/24 h. Une carence légère se traduit par des valeurs comprises entre 50 et 99 μg/L, une carence modérée se situe entre 20 et 49 μg/L, une carence sévère audessous de 20 μg/L.

En cas de carence légère, l’euthyroïdie est maintenue par divers mécanismes compensateurs. Une carence modérée se traduit par une hypothyroïdie infraclinique avec TSH augmentée, production préférentielle deT3 au lieu de T4, souvent un goitre.

Une carence sévère entraîne des hypothyroïdies frustes avec goitre diffus ou multinodulaire, des retards mentaux.

La carence en iode est prévenue, en France, par l’iodification du sel de table.

Médecine du travail

Une iodurie > 400 μg/24 h indique une exposition anormale à l’iode.

Sources & bibliographie

  • René Caquet. 2010. 250 examens de labotaroire Prescription et interprétation. Edition Masson, Belgique, 384 p.

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