Anticorps antinucléaires (AAN)

Par Dr. A. Bakzinski , le mercredi 07 août 2013. Mise à jour mardi 17 novembre 2015
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Les anticorps antinucléaires (AAN ou ANA pour Antinuclear Antibodies) ou FAN (facteurs antinucléaires) sont des autoanticorps reconnaissant des antigènes présents dans les noyaux cellulaires. Ils apparaissent dans le sérum des malades atteint de maladies auto-immunes systémiques, essentiellement le lupus érythémateux disséminé, la sclérodermie systémique et des maladies rares comme la polymyositedermatomyosite, le syndrome de Gougerot-Sjögren isolé, le syndrome de Sharp (connectivite mixte).

Recherche

La recherche des AAN se fait en immunofluorescence indirecte (IFI) sur des lames où sont fixées des cellules tumorales humaines en culture (cellules HEp-2) dont le noyau contient l’essentiel du répertoire des antigènes nucléaires humains.

Des dilutions progressives du sérum du malade déterminent le titre de l’anticorps.

La valeur seuil habituellement retenue est de 1/80.

L’IFI nécessite une lecture au microscope à fluorescence. Elle est rendue plus facile par des automates de préparation des lames qui réalisent les incubations, les lavages, et la dilution des échantillons.

La fluorescence obtenue a un aspect différent selon la nature des antigènes nucléaires reconnus en fonction de leur répartition dans le noyau qui diffère de l’un à l’autre. Bien qu’il soit examinateur-dépendant, cet aspect est précisé dans le résultat : fluorescence périphérique (Ac anti-ADN natifs), homogène ou mouchetée (Ac anti-ENA), nucléolaire (Ac anti-ARN).

Identification des anticorps

En cas de recherche positive, le type des anticorps est précisé par des tests spécifiques.

Anticorps anti-ADN natif

Le sérum de 90 % des patients atteints deLED contient des anticorps antinucléaires à un titre supérieur à 1/160 en IF. La fluorescence est homogène.

Anticorps antiantigènes solubles (anticorps anti-ENA)

Les anticorps dirigés contre les antigènes nucléaires solubles (ou ENA pour Extractible Nuclear Antigen) reconnaissent des composés solubles du noyau. Leur nomenclature, très hétérogène, repose tantôt sur l’antigènecontre lequel ils sont dirigés : anticorps anti-RNP  (antiribonucléoprotéines), tantôt sur la maladie à laquelle ils sont associés : anticorps anti-SS-A ou anti-SS-B, tantôt sur le nom du patient qui a permis de les décrire : anticorps anti-Sm.

Pour les détecter, généralement en Elisa, les laboratoires utilisent des panels de référence associant plusieurs antigènes. Le tableau ci-dessous indique les principales associations des anticorps le plus souvent recherchés.

 

Anticorps Maladie associée
Anti-ADN  natif Lupus érythémateux disséminé (LED) +++
Anti-Sm LED (spécifique mais peu sensible : 10 %)
Anti-SSA Gougerot-Sjögren (50 %), LED
Anti-SSB Gougerot-Sjögren (80 %)
Anti-RNP Connectivite mixte, LED
Anticentromère Syndrome CREST (sclérodermie)
Anti-Scl 70 (topo-isomérase I) Sclérodermie diffuse
Anti-Jo1 Dermatomyosite, polymyosite
Anti-histones Lupus induit

Remarques

La prévalence des Ac antinucléaires augmente avec l’âge. Après 60 ans, des titres supérieurs à 1/80 sont fréquemment retrouvés chez des patients indemnes de toute affection auto-immune.

Des AAN peuvent être retrouvés, à des titres parfois élevés, dans des maladies auto-immunes spécifiques d’organes (hépatites auto-immunes, thyroïdites, etc.), les vascularites, certains cancers. Leur présence doit être interprété en fonction du contexte clinique.

Plusieurs médicaments (bêtabloquants, isoniazide, interféron, minocycline, etc.) provoquent la formation d’anticorps antinucléaires avec parfois des signes cliniques de lupus (lupus induit). Un titre élevé d’anticorps antihistone contrastant avec un titre faible d’anticorps anti-ADN natif évoque un lupus médicamenteux.

Sources & bibliographie

  • René Caquet. 2010. 250 examens de labotaroire Prescription et interprétation. Edition Masson, Belgique, 384 p.

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Débats, discussions et commentaires : Un commentaire.

  1. Bonjour,
    j’ai une amie (copine) qui est tombée malade cela fait une année, au début ça commencé par une grippe et de la fièvre, par la suite des ganglions autour du coup. elle a été à l’hôpital,des prises de sang lui ont faites, mais rien n’a été décelé comme maladie! ont lui a prescrit augment-in comme traitement. mais y a pas eu guérison !3 mois après, la fièvre a réapparue avec des sueurs diarrhée et fatigue. elle a été orientée vers un hématologue, là aussi des analyse de sérologie ainsi que de rubéole ont étaient faites qui se sont avérées négatif ainsi que des échographies et des radios télé thorax, mais rien n’est apparu juste des adénopathies. à présent elle souffre toujours de fatigue (jambes lourdes un peu enflées au niveau des genoux avec douleurs articulaires et courbatures) ainsi que la présence de ganglions sous les aisselles au adducteurs ainsi qu’au sous les seins. y a un mois de cela un médecin généraliste lui demandé de faire des analyses sur la gamma GT AINSI qu la VS qui se sont avérées élevées. une autre analyse lui a a été demandé, il s’agit recherche AAN en cas de positivité des AAN, recherche anticorps ADN/SM/RNP/SSA/SSB et recherche de FR. SVP MESSIEURS les Médecins, de quoi souffre-t-elle au juste ? c’est quoi sa maladie ? je m’inquiète vraiment trop pour sa santé ! merci beaucoup pour l’aide ainsi que l’orientation que vous allez nous apporter. bon courage et très bonne continuation…

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