Aldolase

Par Dr. A. Bakzinski , le mardi 30 juillet 2013. Mise à jour lundi 16 novembre 2015
Classé dans:

Les aldolases qui scindent le fructose diphosphate en deux trioses phosphates sont présentes dans les tissus où se produit une glycolyse (ou une glycogénolyse), notamment les muscles (aldolase A), le foie (aldolase B), le cerveau (aldolase C). Dans le sérum, l’aldolase est majoritairement de type A. Elle est dosée lorsqu’une atteinte musculaire est suspectée.

Prélèvement

Prélever chez un sujet à jeun et au repos depuis au moins 30 minutes afin d’éviter les augmentations liées à l’activité musculaire. Les hématies étant riches en aldolases, la moindre hémolyse fausse le dosage.

Les corticoïdes augmentent l’aldolase sérique (×2) ; les œstrogènes la diminuent.

Se méfier de ces éventuelles interférences.

Valeurs usuelles

Variables selon les laboratoires.

À titre indicatif : 2 à 5 U/L avec la méthode recommandée par la Société française

de biologie clinique (à 340 nm à 30°C).

Les concentrations sont plus élevées chez l’enfant : 10 à 25U/L avant 3 ans, 5 à 15U/L entre 3 et 10 ans.

Clinique

L’activité aldolasique du sérum augmente dans des affections très diverses comme l’infarctus du myocarde, les hépatites virales aiguës, les anémies mégaloblastiques mais leur dosage n’est pas utilisé dans ces pathologies.

Myopathies

L’aldolase est particulièrement élevée dans la dystrophie musculaire de Duchenne de Boulogne (plus de 10 fois la normale), mais cette élévation n’est pas requise pour poser le diagnostic. La maladie, due à l’absence de dystrophine, est récessive liée à l’X, transmise par la mère. Elle débute à l’âge de 2-3 ans par des chutes, des troubles de la marche. Elle se traduit par un déficit des quatre membres, prédominant à la ceinture pelvienne et aux membres inférieurs. Le diagnostic est porté sur la biopsie musculaire qui objective l’absence de dystrophine et la mise en évidence d’anomalies du gène DMD.

L’élévation de l’aldolase est moins marquée dans la maladie de Landouzy-Déjerine ou dystrophie musculaire facio-scapulo-humérale, maladie familiale à transmission autosomique dominante se traduisant par une faiblesse des muscles du visage et de la ceinture scapulaire qui diminue la mobilité faciale et projette les épaules en avant, faisant saillir les scapulas. Le diagnostic repose sur l’analyse de l’ADN (mettant en évidence une diminution des répétitions d’une séquence particulière à l’extrémité du bras long du chromosome 4).

Myosites

L’activité aldolasique est également augmentée au cours des atteintes dysimmunitaires des muscles striés, polymyosites, dermatomyosites et myopathies à inclusions.

Ces affections se manifestent par un déficit moteur douloureux des ceintures avec en outre, en cas de dermatomyosite, un érythème périorbitaire en lunette, un érythème squameux de la sertissure des ongles. Le dosage de l’aldolase permet de suivre l’évolution sous traitement.

Remarque

Dans les affections musculaires, l’élévation des aldolases est parallèle à celle de la créatine-phosphokinase (CPK) dont le dosage est plus courant.

Sources & bibliographie

  • René; Caquet. 2010. 250 examens de labotaroire Prescription et interprétation. Edition Masson, Belgique, 384 p.

Attention ! Ne pas utiliser les commentaires pour les questions de santé au risque de ne pas recevoir de réponse ! Pour vos questions de santé, notre forum et un de nos médecins se fera le plaisir de vos répondre ! Merci.

Laissez un commentaire