Alpha-1-antitrypsine (α-1-AT)

Par Dr. A. Bakzinski , le dimanche 04 août 2013. Mise à jour lundi 16 novembre 2015
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Cette glycoprotéine, synthétisée par le foie, présente dans le plasma à un taux élevé (elle représente 90 % des α-1-globulines plasmatiques) est l’inhibiteur de protéase le plus abondant du sang circulant. Son activité antiprotéase s’exerce surtout vis-àvis de l’élastase (plus que de la trypsine, de sorte qu’elle est assez mal nommée).

Elle inhibe notamment l’élastase qui est produite dans les poumons par les granulocytes neutrophiles et qui tend à détruire les alvéoles pulmonaires.

Le déficit en α-1-antitrypsine est facilement reconnu à l’électrophorèse standard des protéines devant l’absence d’α-1-globuline. Son dosage dans le sérum permet de le quantifier.

Valeurs usuelles

  • 1,5 à 3 g/L (dans le sérum).
  • > 25 μmol/L.

Clinique

Déficits en alpha-1 antitrypsine

Une concentration d’alpha-1-AT inférieure à 0,5 g/L doit faire rechercher un variant de l’enzyme. L’α-1-antitrypsine comporte plus de 60 variants, initialement classés en fonction de leur mobilité électrophorétique : F (fast), M (medium), S (slow) et Z (très lent). Ces variants dépendent du système génétique dit Pi (pour Protease inhibitor) dont la transmission est autosomique codominante (comme pour les groupes sanguins).

En France l’homozygotie MM est rencontrée dans 90 % de la population générale.

Elle correspond à un taux normal d’α-1-AT. Près de 10 % des Européens sont porteurs de l’une des deux principales mutations du gène. La plus commune est la mutation S (Glu264Val). Elle entraîne chez les homozygotes SS une diminution de moitié de la concentration d’α-1-AT sans trouble apparent.

La mutation Z (Glu342Lys) est plus sévère : l’α-1-AT est effondrée (< 0,30 g/L ou 5þμmol/L, voire nulle) chez les homozygotes ZZ ou les hétérozygotes composites ZS.

Le poumon est alors mal protégé des agressions protéolytiques surtout chez les fumeurs. La mutation empêche la sécrétion d’alpha 1-antitrypsine des hépatocytes vers le plasma. L’alpha1-AT s’accumule dansles hépatocytes où elle est visible sous la forme de grosses granulations PAS+.

Chez 20 % environ des enfants homozygotes « ZZ », cette accumulation provoque une hépatite cholestatique néonatale qui peut évoluer, dans un quart des cas, vers une cirrhose nécessitant une transplantation hépatique à l’adolescence.

Les adultes homozygotes « ZZ » et les hétérozygotes composites « ZS » ont également un risque accru d’emphysème pulmonaire avant 40 ans car, chez eux, faute d’α-1-AT suffisante, l’élastase libérée par les granulocytes au cours des infections pulmonaires détruit progressivement le tissu de soutien pulmonaire. Le risque est accru chez les fumeurs car le tabagisme augmente le nombre et l’activité des granulocytes neutrophiles, ce qui libère de l’élastase.

L’identification du variant en cause se fait habituellement par isoélectrophorèse. Un test Elisa est disponible pour le variant PiZ.

Le diagnostic prénatal repose sur la recherche de la mutation PiZ sur l’ADN fœtal à partir des villosités choriales ou du liquide amniotique.

Inflammations

L’α-1-antitrypsine fait partie des « protéines de l’inflammation ». Une inflammation peut donc masquer un déficit modéré.

Dans les maladies inflammatoires de l’intestin (rectocolite hémorragique, maladie de Crohn), la clairance fécale de l’α-1-AT est augmentée proportionnellement aux pertes protéiques. Sa mesure est parfois utilisée pour suivre l’évolution de ces affections.

Sources & bibliographie

  • René; Caquet. 2010. 250 examens de labotaroire Prescription et interprétation. Edition Masson, Belgique, 384 p.

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