Anticorps antiphospholipides (aPL)

Par Dr. A. Bakzinski , le lundi 12 août 2013. Mise à jour mardi 17 novembre 2015
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Les anticorps antiphospholipides sont des autoanticorps qui allongent in vitro un ou plusieurs tests de coagulation dépendant des phospholipides. Ils sont dirigés contre les phospholipides plaquettaires de la prothrombinase. Ils ont d’abord été décrits chez des patients atteints de lupus érythémateux disséminé, ou de maladies auto-immunes, mais peuvent survenir isolément en dehors d’une affection sous-jacente.

Les patients dont le plasma contient un aPL sont exposés à des thromboses artérielles et à des complications obstétricales. Parmi la vingtaine d’anticorps connus, trois sont recherchés en routine : l’anticorps anticardiolipine (aCL), l’anticorps anti-β2-glycoprotéine 1 (anti-β2-GP1), et l’anticoagulant de type lupique.

Prélèvement

Sang veineux sans anticoagulant pour les aCL et les anti-β2-GP1.

Précautions habituelles pour un test de l’hémostase pour les anticorps de type lupique.

Recherche

La présence d’anticorps antiphospholipides peut être détectée en Elisa sous la forme d’anticorps anticardiolipine d’isotype IgG ou IgM ou d’anticorps anti-β2-GP1.

Les résultats sont exprimés en unités MPL (IgM) ou GPL (IgG) non standardisées et dont la valeur seuil dépend du réactif utilisé par le laboratoire.

L’existence d’un anticoagulant lupique est également reconnue devant l’allongement du temps de céphaline activée qui est augmenté de plus de 6 s, non corrigé par l’addition d’un plasma normal et corrigé par l’addition de phospholipides en excès. Le résultat est parfois rendu sous forme d’un indice de Rosner calculé après trois mesures du TCA (positif si supérieur à 15).

Clinique

Des aPL peuvent être découverts au cours d’un bilan de l’hémostase (préopératoire par exemple) ou devant une sérologie syphilitique dissociée : VDRL positif, TPHA négatif (la cardiolipine, complexe de différents phospholipides et de calcium, sert d’antigène pour le VDRL).

Sinon, ils sont recherchés devant la survenue paradoxale (paradoxale puisque les aPL sont des anticoagulants) de thromboses artérielles (cérébrales ou rétiniennes) ou veineuses (membres inférieurs), capillaires (cutanées) ou placentaires (avortements spontanés) survenant chez la femme jeune.

Thromboses et/ou fausses couches récurrentes, et présence soit d’anticorps anticardiolipine et/ou anti-β2-glycoprotéine (IgG ou IgM), soit d’un anticoagulant circulant de type lupique, confirmée par deux déterminations à 12 semaines d’intervalle, définissent le syndrome des antiphospholipides (SAPL).

Le syndrome se traduit par des thromboses à répétitions, des fausses couches, et parfois une néphropathie, une thombocytopénie, un livedo reticularis. Il peut être primitif ou s’associer à un lupus (un tiers des cas environ).

Sources & bibliographie

  • René Caquet. 2010. 250 examens de labotaroire Prescription et interprétation. Edition Masson, Belgique, 384 p.

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