Dysérection, problèmes d’érection, que dois-je faire ?

Par , le vendredi 12 juin 2015. Mise à jour jeudi 19 novembre 2015, Classé dans: .

Qu’est-ce qu’un problème d’érection ? C’est la difficulté d’obtenir une érection (appelée aussi dysérection, ou encore insuffisance érection) ; elle se définit comme l’incapacité persistante ou répétée d’obtenir et/ou de maintenir une érection suffisante pour permettre une activité sexuelle satisfaisante.


La rigidité de la verge en érection est obtenue par l’emprisonnement du sang dans les corps caverneux, ceci implique au minimum :

  • un état vasculaire normal ou pas trop altéré ;
  • un système neurologique normal ;
  • et l’absence d’anomalies psychiques importantes.

Toute perturbation dans l’un de ces domaines peut altérer l’érection.

Faut-il consulter ?

Il était traditionnel de cacher ce trouble de l’érection par pudeur, par gène ou par crainte, d’autant plus que les médecins étaient peu formés et qu’il n’existait pas de traitement efficace.

Ce comportement est révolu et dès une difficulté d’obtenir ou de maintenir une érection survient il faut en parler à son médecin généraliste.

Pour quelle raison consulter ?

Trois raisons justifient de consulter pour un trouble de l’érection :

  • Maintenir la qualité de vie : la sexualité y compris à un âge avancé en est un élément important pour l’homme comme pour la femme;
  • Connaître le rôle d’alerte pour un trouble de l’érection : une difficulté à obtenir une érection peut être la première manifestation d’une maladie sous-jacente, notamment vasculaire avant même que ne surviennent d’autres symptômes plus graves liés à une insuffisance coronarienne, un infarctus myocardique, ou un accident vasculaire cérébral;
  • Être pris en charge : la mise à disposition de traitements efficaces permet une prise en charge adaptée.

Comment se déroule la consultation ?

Il s’agit d’une consultation longue et qui, au mieux, dédiée à ce symptôme. Elle doit se dérouler dans un climat de confiance, et il est utile d’être accompagné par sa partenaire.

Interrogatoire

L’interrogatoire orienté sur la dysérection est le temps essentiel de cette consultation. Il est important de préciser votre motif de consultation pour être rassuré, être informé sur le mécanisme de la dysérection, sur sa dangerosité éventuelle, ou si vous souhaitez réellement être traité.

Circonstances d’apparition :

  • Ce trouble de l’érection a-t-il existé depuis le début de votre activité sexuelle ? Ou bien a-t-il apparu secondairement après une période d’érections satisfaisantes ?
  • Est-il associé à d’autres troubles comme une diminution du désir ? Éjaculation précoce ? Douleurs lors des rapports ? Déformation de la verge en érection ? Si ces troubles ont précédés l’érection ils peuvent en être la cause ou sont-ils apparus ultérieurement.
  • Le début est-il brutal ? Alors qui sont les circonstances déclenchantes ? Ou a-t-il était progressif ?
  • L’insuffisance de l’érection est-elle permanente ? Ou survient-elle dans certaines conditions seulement par exemple en fonction des partenaires ?
  • Les érections nocturnes, matinales où lors de masturbation existent-elles encore ?
  • Quelle est l’ancienneté des symptômes ? Plus il est ancien plus il risque d’être difficile à guérir.

Histoire sexuelle

Votre histoire sexuelle permet d’affirmer s’il existe bien une partenaire, si vous avez connu des difficultés sexuelles antérieures, de longues périodes d’abstinence, mais aussi l’existence d’agressions sexuelles dont vous avez été victime.

Retentissement du trouble

  • Ce trouble sexuel peut se retentir sur vous-même, quelle importance lui accorder vous ?

A chaque tentative de rapport êtes-vous particulièrement anxieux de la qualité du résultat : on appelle cette situation une anxiété de performance qui si elle est trop marquée ne peut que nuire à l’obtention d’une érection satisfaisante sur votre épouse, votre partenaire et sur votre couple.

Difficultés liées à votre partenaire

L’interrogatoire recherche aussi des difficultés liées à votre partenaire :

  • est-elle attentive à votre trouble de l’érection ou au contraire indifférente ?
  • Est-elle motivée sexuellement ?
  • Existe-elle des troubles gynécologiques actuels ? Ou des antécédents de chirurgie ou de radiothérapie pelvienne pouvant nuire à sa sexualité et la rendant ainsi peu motivée.

Antécédents médicaux

Certains types de chirurgies ou de radiothérapies en particulier prostatiques, un traumatisme du bassin ou de la colonne vertébrale peuvent altérer vos capacités érectiles.

Il en est de même pour certaines maladies :

  • Diabète ;
  • Maladies des artères (insuffisance coronaire, AVC) ;
  • Pathologie neurologique ;
  • Maladie psychiatrique.

La consommation excessive d’alcool, de tabac et la prise de stupéfiants nuisent également à l’érection.

Troubles urinaires dont l’intensité dégrade la qualité de l’érection.

Prise de médicaments

De nombreux médicaments ont la réputation d’avoir un effet néfaste sur l’érection, mais également sur la libido. Pour évoquer leur responsabilité, il faut s’assurer que les troubles sexuels sont apparus après leur prise et non pas avant.

Facteurs de risque cardiovasculaire

Ils sont :

Le plus souvent, ces risques sont pris en charge par votre médecin, mais c’est parfois à l’occasion de ces troubles de l’érection qui vont être répertoriés puis traités avant que ne surviennent des complications cardiovasculaires graves comme un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébrale.

Ces facteurs de risque sont à traiter prioritairement, et si les troubles érectiles persistent ils sont pris en charge spécifiquement.

Examen clinique

L’examen clinique porte sur :

L’appareil urinaire

  • Volume et consistance des testicules,
  • Recherche d’anomalies de la verge au repos,
  • Examen de la prostate par toucher rectale.

L’appareil cardiovasculaire

  • Prise de la pression artérielle,
  • Palpation des artères des membres inférieures,
  • Mesure du périmètre abdominal

L’appareil neurologique

En particulier au niveau des membres inférieurs et du périnée

Examens complémentaires

Examens biologiques

Examens radiologiques

Les examens radiologiques et échographiques sont en général inutiles au terme de cette première consultation.

Prise en charge initiale d’une dysérection

La prise en charge comporte en général :

Information sexuelle

Une information sexuelle expliquant le mécanisme probable expliquant votre trouble et éventuellement ceux liés à votre partenaire

Conseils d’hygiène de vie

Régimes alimentaires, mode de vie, sevrage du tabac et d’éventuelles autres addictions, lutte contre la sédentarité.

Evaluation des traitements médicamenteux

Avant toute modification ou suppression d’un médicament à visée cardiovasculaire ou psychiatrique, il est souhaitable d’en faire part au prescripteur initial. Il jugera alors s’il est opportun d’interrompre le médicament qu’il avait prescrit, de le modifier, ou s’il faut absolument le maintenir.

Seule la réapparition d’une érection normale après l’arrêt du traitement permettra a posteriori de confirmer que ce médicament était bien en cause.

Prise en charge plus spécifique

Une prise en charge plus spécifique s’implique en cas

  • D’anomalies vasculaires ; dans ce cas le traitement est prioritaire
  • Insuffisance hormonale mâle liée à l’âge : elle n’est que rarement en cause, et justifie un traitement substitutif.

Prise en charge médicamenteuse

Si les mesures générales vues plus haut ne suffisent pas à rétablir des érections satisfaisantes, et en dehors des problèmes psychologiques prédominants, on peut alors recourir aux traitements médicamenteux oraux.

Inhibiteurs de la PDE5

Les inhibiteurs de la PDE5 sont les médicaments les plus efficaces, par ordre alphabétique :

  • Sildénafil (Viagra)
  • Tadalafil (Ciatis)
  • Vardenafil (Levitra)

Ils sont facilitateurs et non déclencheurs de l’érection chez un malade stimulé sexuellement.

Précautions à respecter avant leur prescription : vérifier votre aptitude à l’effort physique, l’acte sexuel est équivaut à la montée de deux étages.

Si vous avez une maladie coronarienne, il faut un bilan de réévaluation par le cardiologue et vérifier que vous ne prenez pas un autre médicament qui contre-indique la prise de PDE5.

Quant au choix de la molécule, il n’y a pas de différence significative entre les trois molécules disponibles, le critère de choix à retenir dépend de votre préférence et/ou de celle de votre couple.

Le délai entre la prise du médicament et le début de son efficacité est de 30 minutes à 1 heure, la durée de l’efficacité du médicament va de 5 heures à 17 heures, la mode de prise du médicament est quotidiennement ou à la demande. Ainsi tout rapport sexuel doit être programmé sans se précipitait puis la durée d’action est suffisamment longue.

Il faut savoir que les premières prises peuvent être inefficaces, 4 à 6 essais peuvent être nécessaires, ces médicaments ne sont pas remboursés par la sécurité sociale et la délivrance se fait sur ordonnance.

Attention : pour des raisons de sécurité, il est interdit de les acheter par internet, par ignorance de leur contenue.

Une consultation de suivi rapprochée vérifiera l’efficacité du traitement et notera les éventuels effets secondaires.

Yohimbine

Son efficacité est très discutée mais elle a l’avantage d’être peu onéreuse.

Autres traitements :

D’autres traitements sont envisageables en cas d’échec du traitement par voie orale,

Alprostadil en injection endo-urétrale (Muse) ou intra-caverneuse (Caverject, Edex) ou la pompe à érection.

Conclusion

Tout trouble de l’érection qui se prolonge relève d’une démarche médicale prenant en charge la santé d’un individu dans sa globalité.

Sources & bibliographie

  • Association française d’urologie, Vidéo : Dysérection, problèmes d’érection, que dois-je faire ?
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