Dysurie, difficulté pour uriner, que dois-je faire ?

Par , le jeudi 04 juin 2015. Mise à jour jeudi 19 novembre 2015, Classé dans: .

La dysurie est la difficulté à uriner, c’est un symptôme qui se manifeste de différentes façons, le jet perd de sa puissance avec difficulté à initier la miction qui devient de plus en plus prolongée et lente à se terminer.


La dysurie s’associe souvent à :

  • l’obligation de pousser pour uriner,
  • une miction saccadée, s’interrompant spontanément puis reprenant,
  • un jet en arrosoir,
  • des gouttes retardataires, mouillant le slip alors qu’on a fini d’uriner,
  • une sensation de vidange incomplète de la vessie.

La dysurie peut être isolée ou s’accompagner d’autres symptômes plus gênants tels que les envies très fréquentes ou très gênantes d’uriner.

Les conséquences de la dysurie peuvent être graves, la gêne à l’évacuation des urines peut être bien tolérée et peut passer inapprécié dans un bon nombre de cas, l’évolution est très lente. Mais à long terme, la dysurie retenti sur le fonctionnement de la vessie puis sur les reins.

La paroi de la vessie s’épaissit et se fibrose, on parle alors de vessie de lutte. Avec possibilité de formation de diverticule là où la paroi était forcée.

La vidange de la vessie est de plus en plus incomplète, c’est ce qu’on appelle le résidu post-mictionnel pouvant conduire à :

  • La formation de calcul dans la vessie,
  • À l’impossibilité d’uriner ou la rétention vésicale aiguë, épisode extrêmement douloureux nécessitant un traitement urgent,
  • À la distension anormale de la vessie dont le volume devient anormal.

Cette rétention vésicale chronique fait courir le risque d’insuffisance rénale par dilatation progressive des uretères et des cavités du rein.

Parallèlement la dysurie peut se compliquer d’une infection urinaire, d’infection de la prostate et également d’infection des organes génitaux externes (testicule ou épididyme) représentant une cause possible d’infertilité chez l’homme jeune.

Tous ces risques justifie de consulter un médecin dès que la sensation qu’on a une diminution durale et permanente de la force du jet. Il est en revanche toute a fait physiologique d’avoir un jet affaibli lorsque la vessie est peu remplie ou, au contraire, beaucoup trop remplie.

Que va faire votre médecin ?

On peut avoir deux cas chez l’homme selon l’âge, et deux cas particuliers chez la femme et l’enfant.

La dysurie chez l’homme à la cinquantaine et au-delà

L’âge ne peut expliquer à lui seul la dysurie, la consultation est motivée par :

  • La constatation d’une faiblesse du jet,
  • Plus souvent par une pollakiurie, c’est-à-dire l’augmentation des mictions de nuit et de jour,
  • Par des envies impérieuses d’uriner pouvant occasionner des fuites,
  • Ou parfois, à l’occasion d’une complication infectieuse.

Votre médecin vous questionnera sur :

  • L’ancienneté des troubles urinaires et leurs évolution dans le temps
  • Leurs caractères intermittents où continue, bien souvent la dysurie est ancienne, d’aggravation progressive, et passe inaperçue parce qu’elle n’est que peu ou presque pas gênante

La pollakiurie ou les impériosités mictionnelles quand elles accompagnent la dysurie sont plus faciles à repérer dans le temps car plus perturbantes socialement.

Le médecin recherche également des antécédents de :

  • Infections urinaires,
  • Infections génitales,
  • De sondage ou d’endoscopie urinaire,
  • De chirurgie ou de radiothérapie pelvienne,
  • De traumatisme du périnée.

Toutes ces pathologies ou traitements peuvent entrainer un rétrécissement de l’urètre et donc une dysurie.

Votre médecin vous examinera en réalisant :

  • Une palpation des fosses lombaires et de la vessie afin d’éliminer une rétention vésicale chronique,
  • Un examen du pénis à la recherche d’un phimosis serré ou d’un rétrécissement du méat urétral,
  • Une palpation des testicules et de l’épididyme qui peuvent être porteur de séquelles antérieurs secondaires à l’obstruction urinaire,
  • Un toucher urinaire qui permettra d’apprécier le volume et la consistance de la prostate.

Des examens complémentaires sont-ils nécessaires ?

Votre médecin vous prescrit habituellement :

  • Un examen bactériologique des urines à la recherche d’une infection urinaire,
  • Un bilan sanguin, en particulier une créatininémie pour évaluer la fonction rénale, une PSA en cas de susception de cancer de la prostate ou dans le cadre d’une démarche de dépistage quand elle-est justifiée,
  • Une échographie de l’appareil urinaire par voie abdominale, contrairement aux idées reçues, il vaut mieux arriver au cabinet de radiologie avec une envie normale physiologique d’uriner pour mieux interpréter d’éventuelles anomalies de la vidange vésicale. Cet examen n’est pas destiné à mesurer le volume de votre prostate qui ne présente pas d’intérêt dans un premier temps. Il a pour objectif essentiel d’identifier un défaut de la vidange vésicale, des modifications de la paroi de la vessie comme un épaississement ou un diverticule, des calculs vésicaux, une dilatation des uretères et des reins. Il n’a pas vocation à être répété annuellement sauf en cas d’aggravation des symptômes urinaires.

Au terme de ces examens votre médecin peut vous prescrire un traitement médical à visé prostatique si le diagnostic le plus probable à cette gêne à la vidange vésicale est celui d’un adénome de la prostate symptomatique non compliqué, pas de résidu mictionnel, pas de calcule vésical, pas de dilatation des reins.

Un bilan de réévaluation par simple interrogatoire est réalisé à 03 mois, l’absence d’amélioration des symptômes doit faire reconsidérer le diagnostic d’adénome prostatique et demander l’avis de l’urologue.

L’urologue peut compléter le bilan par des explorations plus spécifiques :

Un débitmètre urinaire, c’est-à-dire l’enregistrement de la miction qui objectif la dysurie par un temps mictionnelle allongée, un débit maximum Qmax inférieur à 10 – 15 ml/s, avec des erreurs d’interprétation possible en fonction des conditions de l’examen ou d’une vessie insuffisamment remplie.

Il vous est donc demandé de venir à la consultation avec une envie normale d’uriner afin de pouvoir effectuer le débitmètre dans les conditions les plus physiologiques.

Une fibroscopie, réalisée le plus souvent sous anesthésie locale permet de vérifier la perméabilité de l’urètre et du col vésicale, de repérer un calcul de la vessie, et d’éliminer une pathologie vésicale associée comme un diverticule ou une tumeur.

Un bilan urodynamique peut être proposé dans les cas complexes, il évalue le fonctionnement de la vessie et du sphincter par des mesures des pressions.

Il peut aussi vous être demandé d’établir un score de vos symptômes urinaires par un questionnaire standardisé : questionnaire IPSS, ainsi qu’un calendrier mictionnel qui, sur deux à trois jours de recueil des urines, permet de qualifier la pollakiurie souvent associée à la dysurie.

La dysurie de l’homme jeune

La dysurie de l’homme jeune est rare, elle peut être ancienne et méconnue, mais c’est parfois à l’occasion d’une infection urinaire ou génitale que le médecin retrouvera cette notion de faiblesse du jet.

Le bilan est le même que dans le cas de l’homme de plus de 50 ans, compléter par la recherche d’antécédents de maladies sexuellement transmissibles, et orienter vers la recherche d’un rétrécissement post infectieux ou post-traumatique de l’urètre, ou encore d’une maladie du col de la vessie entrainant un défaut d’ouverture du col lors de la miction, et parfois une maladie neurologique débutante.

Chez un homme jeune il est indispensable de connaitre le mécanisme de la dysurie, il n’est pas justifié de prendre des médicaments pour la prostate en première intention tant que la cause exacte de la dysurie n’est pas retrouvée.

C’est l’urologue qui jugera des examens complémentaires nécessaires pour y parvenir. C’est en effet lui qui doit prendre en charge ce symptôme, idéalement lors de la première consultation.

La dysurie chez la femme

L’apparition d’une faiblesse du jet urinaire chez une femme, même porteuse d’un prolapsus soit d’une descente de la vessie nécessite un avis urologique et expose aux mêmes complications que chez l’homme.

Ils peuvent aussi être en cause :

  • Intervention chirurgicale antérieur
  • Maladie neurologique
  • Rétrécissement du méat de l’urètre post ménopausique

La dysurie chez l’enfant

Chez l’enfant, la constatation d’un jet urinaire faible, d’une infection des urines, d’une fièvre accompagnant l’infection urinaire doit entrainer d’emblée une consultation spécialisée. Dans tous les cas, retenez qu’une faiblesse du jet prolongée est anormale et peut amener à des complications sévères. Parlez-en à votre médecin dès les premiers symptômes.

Conclusion

Pour analyser la dysurie il faut d’abord comprendre la miction, pendant celle-ci le muscle se contracte augmentant ainsi la pression dans la vessie tandis que les sphincters se relâchent pour permettre le passage aisé des urines vésicales dans le canal de l’urètre.

Cette miction se caractérise normalement par un jet urinaire rigoureux si la vessie est suffisamment pleine et entraine une vidange complète de la vessie.

La force du jet dépend ainsi de la force d’expulsion vésicale et des forces de résistance qui peuvent se situer du col de la vessie jusqu’aux extrémités de l’urètre.

Les causes de la dysurie sont donc liées, soit à des mécanismes qui peuvent diminuer la force de la contraction vésicale :

  • Certaines maladies neurologiques
  • Altération du muscle de la vessie (âge, médicaments, diabète …)

Soit à des freins à l’évacuation de la vessie :

  • Adénome de la prostate (hypertrophie bénigne de la prostate)
  • Rétrécissement du col de la vessie ou de l’urètre

Chez la femme :

  • Prolapsus génital (descente de la vessie)
  • Antécédent de chirurgie ou de radiothérapie pelvienne
  • Rétrécissement du méat urétral

Sources & bibliographie

  • Association française d’urologie, Vidéo : Dysurie, J’ai des difficultés pour uriner, que dois-je faire ?

A propos de l'auteur

Débats, discussions et commentaires : 10 commentaires.

  1. Bonjour

    je voudrai savoir comment soigner : j’ai de la difficulté à uriner,et quand j’urine je le fait par saccade? je me force alors que j’en ai envie.

    Je vous remercie d’avance

  2. Bonjour,
    AIGLON, SVP es-ce que vous avez réglé votre problème !?! Je souffre aussi de la même chose et ça dure depuis un certain moment, je n’arrête pas de consulter et de suivre, j’ai même subi une intervention chirurgicale mais je suis resté au même stade
    Merci

  3. Bonjour,
    Depuis 24 h, j’urine difficilement et douloureusement toute les 1/2 heure. Mon médecin, ne peut me recevoir que mercredi 5 octobre.
    Actuellement j’ai un traitement (depuis plusieurs années) à base de permixon
    (1 gellule matin et soir) plus Tramisuline/paracétamol (une gellule le soir)
    Je suis agé de 83 ans et plutôt en bonne forme.

    Que puis-je faire pour calmer les douleurs chaque fois que j’urine ?

    Merci pour les conseils que vous pouvez m’adresser.
    Cordialement

  4. Bonjour,
    Je suis atteinte de dysurie depuis l âge de 30 j ai eu uretrotectomie en 2003 avec amélioration. Aujourd’hui à 48 ans c est revenu. Je me demande si je dois reconsulter.

  5. Bonjour,

    Difficultés pour uriner, goutte à.goutte ‘vessie semble. Non vide.
    Légère douleur bas ventre

  6. Bonjour,

    jai subit une intervention stenose du col visicale hommes mait toujours envie duriner 15 fois par jour le medcin ma donner driptanne jai des difficulté à uriner que doit je faire merci cordialement Himmi Algérie

  7. Bonjour,
    Deputies quelled jours j’ Au du make a ruined come d’habitude c’est du goutte a goutte et tres frequent presque toys les Dix minutes , j’ai beaucoup de daimangeaisons sans sequelles et j’ai des soul eyes dans le has ventre, he suis tres inquiet aides moi SVP

  8. Bonjour,

    Envie d’uriner, puis flux tres lent, saccadé, obligé de faire pression. Aucune douleur par contre.
    Quel médicaments me suggéréz vous ??
    J’ai 71 ans et en excellente santé. Dieu merci.
    Je vous serais gré.
    Salutations distinguées.

  9. bonjour,depuis plus de trente an je souffre d’infections urinaire j’ai été opéré treize fois pour des sténoses mise a plat de la verge remplacement d’une partie du canal de l’urètre enfin de compte j’ai subit une urétroplastie mais toujours des infections urinaire et des difficultés pour mes mictions et tout cela suite a trois opérations mal controlé au départ le professeur qui ma pratiqué l’urétroplastie m’a bien signalé que s’il m’avait connu au départ je n’aurais pas eu tous ces problèmes mardi je vais en urologie pour une cystoscopie et l’on verra bien.

  10. Bonjour,
    J’ai des difficultés à uriner, je suis une femme de 78 ans et c’est la première fois que cela m’arrive. Y a t-il une personne qui a eu ce problème ! Merci pour votre réponse. Bien sincèrement.

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