L’aspirine peut protéger contre le cancer du sein

Par , le jeudi 16 décembre 2010. Mise à jour dimanche 06 décembre 2015, Classé dans: > .

Aspirine et cancerSelon une nouvelle étude, il est encore trop tôt pour recommander l’utilisation systématique d’aspirine pour prévenir le cancer du sein

Des chercheurs écossais rapportent que la prise d’aspirine peut réduire le risque de cancer du sein.

Leur étude de 116.181 femmes suggère que les personnes âgées de 51 à 70 en tirent le meilleur parti. Rapporte Boikanyo Makubate de l’université de Dundee.

Cependant, les médecins américains appellent à la prudence et disent qu’il est trop tôt pour recommander au femmes la prise d’aspirine dans un but préventif du cancer du sein.

L’étude a montré que les femmes qui prenaient de l’aspirine pendant trois à cinq ans étaient 30% moins susceptibles et les femmes qui en ont pris pendant plus de cinq ans étaient 40% moins susceptibles de développer un cancer du sein.

Lorsque les chercheurs ont examiné la fréquence avec laquelle les femme prenaient de l’aspirine, il s’est avéré que seules celles qui en prenaient plus de deux fois par semaine avaient une réduction importante du risque de cancer du sein, de l’ordre de 40%.

Quand on regarde par tranche d’âge, les femmes âgées de 51 à 60 ans et les femmes âgées de 61 à 70 ans avaient respectivement 56% et 43% de risque en moins.

Ces résultats ont été présentées au San Antonio Breast Cancer Symposium.

Pas de lien de cause à effet

 »Bien que provocante, l’étude montre qu’une association entre la prise d’aspirine et la diminution du risque de cancer du sein et ne trouve pas de lien de cause à effet » constate Steven Isakoff, un spécialiste du cancer du sein au Massachusetts General Hospital Cancer Center à Boston.

En outre, l’utilisation à long terme de l’aspirine comporte le risque d’effets secondaires graves, tels que des saignements et des ulcères d’estomac.

 »Cependant, si les résultats peuvent être confirmés dans une étude de grande envergure dans laquelle on donnerait de l’aspirine à la moitié des femmes et on n’en donnerais pas à l’autre moitié, puis les suivre pour voir combien développeront un cancer du sein dans chaque groupe, l’aspirine pourrait avoir un impact énorme, en particulier dans les pays sous-développés. En tant que mesure de santé publique, l’aspirine est bon marché et facile» déclare Isakoff.

Les études antérieures sur le cancer du sein et de l’aspirine

Dr Makubate affirme que les études antérieures sur l’utilisation d’aspirine dans le cancer du sein ont eu des résultats contradictoires.

Le travail de laboratoire à son institut suggère que l’aspirine pourrait avoir un effet sur le cancer du sein en bloquant l’enzyme COX-2 qui stimule la croissance et l’inflammation des cellules.

Ainsi, Dr Makubate et ses collègues ont cherché dans les dossiers médicaux des femmes britanniques âgées de 25 ans et plus qui n’avaient pas le cancer en 1998. À la fin de 2003, 1,2% d’entre elles avaient un cancer du sein avancé.

Les registres des ordonnances ont montré qu’une femme sur cinq prenaient de l’aspirine au cours de la période d’étude.

Étude sur l’aspirine et le cancer du sein: Forces et faiblesses

Dr Isakoff souligne que toutes les analyses ont été ajustées pour tenir compte du statut socio-économique des femmes et de leur age, tout deux affectant le risque de cancer du sein. Mais les chercheurs n’ont pas tenu compte d’autres données, comme les antécédents familiaux, qui ont une incidence sur le risque.

En outre, les chercheurs ne se sont pas penchés sur la question de savoir quels dosages fonctionneraient le mieux.

Par contre la force de cette étude est qu’elle repose sur des donnés de dossiers médicaux et non pas sur les souvenirs des patientes qui sont souvent imprécis.

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