Paludisme

Par Dr. A. Bakzinski , le vendredi 27 septembre 2013. Mise à jour mardi 17 novembre 2015
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Le paludisme est fréquent dans toute la zone tropicale comprise entre 25° de latitude nord et 25° de latitude sud. Il doit être recherché – quasi systématiquement – chez tout patient fébrile de retour de cette zone.

Frottis

Lorsqu’un paludisme est suspecté, les parasites sont d’abord recherchés sur un frottis sanguin, coloré au May-Grünwald. Une lecture prolongée (20 min) est nécessaire. Mais même à ce prix, l’examen ne dépiste pas les parasitémies inférieures à 150 parasites/μL.

En cas de suspicion clinique, il faut recourir à la goutte épaisse, une technique de concentration s’effectuant sur une plus grande quantité de sang que le frottis.

Goutte épaisse

Une grosse goutte de sang est prélevée aubout du doigt, déposée au centre d’une lame puis défibrinée en tournant régulièrement le coin d’une lamelle dans la goutte tout en l’étalant d’un mouvement de spirale. La goutte est alors séchée à plat 24 heures à température du laboratoire pouréviter son décollement. Elle est colorée au Diff-Quick ou au Giemsa.

Sur la goutte épaisse, où les hématies ont disparu, les parasites apparaissent bien, même s’ils sont peu nombreux. Un prélèvement sur anticoagulant suivi d’un laquage à la saponine améliore encore la sensibilité qui est de l’ordre de 5 à 15 parasites/μL.

La technique permet également de réaliser une numération parasitaire.

Elle a l’inconvénient d’être lente mais des techniques dérivées dites « rapides » donnent un résultat dans l’heure.

Elle ne permet guère le diagnostic d’espèces car les hématies sont lysées et c’est leur forme qui sert à la reconnaissance des espèces.

Sérodiagnostic

La recherche d’anticorps antipalustres sefait généralement en IFI ou en Elisa.

Un taux > 1/80 indique un paludisme récent (des taux > 320 sont ordinairement observés).

Le sérodiagnostic est intéressant lorsque la parasitémie est faible, rendant les recherches de parasites sur les frottis difficiles.

Reconnaissance des espèces

Plasmodium falciparum, espèce la plus fréquemment rencontrée, présente dans toute la zone intertropicale, est aussi la plus dangereuse, responsable de formes mortelles.

La mise en évidence de Plasmodium falciparumimplique de rassembler rapidement les éléments de gravité (OMS 2000) :

  • parasitémie (% des hématies parasitées) élevée > 5 % ;
  • existence d’une insuffisance rénale (créatinine > 265 μmol/L) et/ou d’une anémie (<6 g d’Hb/100 mL), d’une acidose (bicarbonates < 15 mmol/L), d’une hypoglycémie < 2,2 mmol/L, d’une lactatémie > 5 mmol/L, d’une bilirubine > 25 μmol/L;
  • présence de troubles de la conscience, deconvulsions, de troubles de l’hémostase.

S’il s’agit d’une autre espèce : Plasmodium malariae, Plasmodium ovale, Plasmodium vivax, le pronostic vital n’est pas en jeu.

Si frottis et gouttes épaisses restent négatifs et si le diagnostic clinique d’accès palustre est probable, ne pas hésiter à mettre en route un traitement spécifique sans attendre les résultats.

Remarque

Un paludisme à Plasmodium falciparum, s’il est traité correctement dès les premiers signes (fièvre, céphalée, frissons, troubles digestifs), n’évolue pas vers la gravité.

Sources & bibliographie

  • René Caquet. 2010. 250 examens de labotaroire Prescription et interprétation. Edition Masson, Belgique, 384 p.

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