Paracétamolémie

Par Dr. A. Bakzinski , le samedi 28 septembre 2013. Mise à jour mardi 17 novembre 2015
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Le paracétamol à doses massives provoque une hépatite cytolytique qui peut être mortelle. Bien que ce mode de suicide soit plus courant dans les pays anglo-saxons que dans notre pays, les services d’urgences sont régulièrement confrontés à cette intoxication.

L’acétylcystéine est un traitement efficace, susceptible de prévenir la cytolyse hépatique massive, mais n’a de chance de succès qu’à condition d’être donnée dans les toutes premières heures. D’où l’intérêt d’un dosage précoce.

Toxicologie

L’absorption du paracétamol est rapide et totale. Le pic plasmatique est atteint en 1 heure environ. Le métabolisme est essentiellement hépatique. La dose maximale est de 4 g/24 h chez l’adulte, de 60 mg/kg chez l’enfant.

Un risque létal existe pour une dose supposée ingérée (DSI) > 10 g chez l’adulte, de 100 mg/kg chez l’enfant. Le risque d’hépatite est réel à partir d’une DSI de 8 g.

La dose toxique est plus basse en cas d’alcoolisme, de déficit en glutathion (antirétroviraux).

L’hépatite se traduit par une cytolyse intense (transaminases × 1 000), une insuffisance hépatique sévère (taux de prothrombine effondré), une acidose grave.

Résultats

Les résultats sont rendus en mg/L ou en μmol/L (1 000 μmol = 150 mg). Ils sont interprétés au moyen de l’abaque de Rumack et Matthews (joint ordinairement aux résultats) qui indique les risques de survenue d’une hépatite grave en fonction de la concentration plasmatique de paracétamol et du temps écoulé depuis l’ingestion (il ne peut donc être uilisé que si l’heure de la prise est connue).

Il y a risque d’hépatite mortelle si la paracétamolémie est > 300 mg/L (2 000 μmol/L) à la 4e heure et 45 mg/L (300 μmol/L) à la 15e heure.

Il y a risque d’hépatite grave lorsque la paracétamolémie dépasse 200 mg/L (1 333 μmol/L) à la 4e heure et 30 mg/L (200 μmol/L) à la 15e heure.

Remarque

L’administration précoce de N-acétyl-cystéine est très efficace et bien tolérée. Il est justifié de la prescrire systématiquement sans attendre les résultats de l’analyse toxicologique sur la seule notion d’une intoxication volontaire quelle que soit l’heure ou la dose ingérée.

Sources & bibliographie

  • René Caquet. 2010. 250 examens de labotaroire Prescription et interprétation. Edition Masson, Belgique, 384 p.

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