Plombémie

Par Dr. A. Bakzinski , le lundi 30 septembre 2013. Mise à jour mardi 17 novembre 2015
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Le plomb reste très employé dans l’industrie soit pur, soit sous forme d’alliages (carburants, accumulateurs, verres au plomb, soudages, etc.).

Le plomb absorbé par voie digestive (mains sales) ou respiratoire passe dans le sang, fixé pour 90 % dans les hématies puis se distribue dans les reins, le système nerveux et surtout dans le squelette où il reste stocké très longtemps (demi-vie d’une vingtaine d’années). Il est principalement éliminé par les urines.

La plombémie est un bon indicateur d’exposition au plomb les semaines précédentes mais ne mesure pas la charge en plomb de l’organisme.

Précautions de prélèvement

Le prélèvement doit être fait dans des tubes spéciaux fournis par le laboratoire et faire l’objet de précautions particulières pour éviter toute contamination de l’échantillon (demander au sujet de prendre contact avec le laboratoire). Prélèvement sur héparine ou EDTA pour dosage sur le sang total, le plomb étant transporté à 90 % par les hématies.

Les prélèvements effectués dans le cadre d’une surveillance de travailleurs exposés doivent être adressés à un laboratoire agréé par le ministère du Travail. Les prélèvements destinés au dépistage du saturnisme infantile sont accompagnés d’une fiche spéciale, remplie par le prescripteur, qui sera adressée par le laboratoire au centre antipoison régional avec le résultat du dosage.

Valeurs usuelles

Dans la population générale, la plombémie n’est pas nulle car le plomb est très répandu dans la nature depuis la révolution industrielle. En France, les valeurs suivantes peuvent être considérées comme usuelles :

  • chez l’homme : < 90 μg/L ;
  • chez la femme : < 70 μg/L ;
  • chez l’enfant : < 100 μg/L.

La consommation excessive de vin ou de bière, le tabagisme, certains loisirs comme le tir augmentent les concentrations en plomb.

Dans les industries exposant au plomb, la réglementation impose une surveillance médicale particulière « si une plombémie > 200 μg/L pour les hommes ou 100 μg/L pour les femmes est mesurée chez un travailleur » (décret du 23 décembre 2003).

Il est interdit d’affecter une femme enceinte ou allaitante à des travaux exposant au plomb.

D’après la conférence de consensus de 2003, une femme peut être autorisée à allaiter si sa plombémie est < 100 μg/L.

Facteurs de conversion :

  • μg ×0,0048 = μmol ;
  • μmol ×207 = μg (1 μmol/L ≈200 μg/L).

Clinique

Une élévation de la plombémie traduit une exposition au plomb.

Saturnisme professionnnel

L’intoxication au plomb, ou saturnisme,se traduit par des douleurs abdominales (coliques de plomb), une hypertension, une néphropathie interstitielle, des paralysies périphériques, une anémie.

Le plomb, en inhibant l’ALA-déshydrase, inhibe et provoque une augmentation des protoporphyrines érythrocytaires.

Le diagnostic de saturnisme est porté sur l’élévation de la plombémie qui témoigne d’une exposition au plomb, sur l’augmentation de la plomburie provoquée par EDTA qui mesure l’imprégnation de l’organisme, sur l’élévation des protoporphyrines érythrocytaires (PPE) et de l’acide delta-aminolévulinique (ALA) qui témoignent de l’inhibition par le plomb de la synthèse de l’hème.

Le tableau n° 1 des maladies professionnelles (Affections dues au plomb et ses composés) exige :

pour les manifestations aiguës ou subaiguës de saturnisme (anémie, coliques de plomb, encéphalopathie) :

–        une plombémie > 400 μg/L,

–        et un ALA >15mg/g de créatinine ouune concentration de protoporphyrine érythrocytaire > 20 μg/g d’hémoglobine ;

pour le syndrome biologique :

–        une plombémie > 800 μg/L,

–        et une concentration d’ALA urinaire > 15 mg/g de créatinine ou une concentration de  protoporphyrine érythrocytaire > 20 μg/g d’hémoglobine.

Saturnisme infantile

L’enfant jeune, de 6 mois à 6 ans, est particulièrement sensible à l’intoxication saturnine. Chaque année sont dépistés en France environ 500 cas de saturnisme infantile chez des enfants de milieux défavorisés  vivant dans des habitats délabrés où s’écaillent les peintures au plomb.

 

Sources & bibliographie

  • René Caquet. 2010. 250 examens de labotaroire Prescription et interprétation. Edition Masson, Belgique, 384 p.

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