Les stéroïdes inhalés peut augmenter le risque de diabète

Par Yacine Gounane , le samedi 18 décembre 2010. Mise à jour dimanche 06 décembre 2015
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Corticoides stéroides inhalées et diabèteUne étude montre que les gens qui utilisent des stéroïdes inhalés pour traiter des problèmes respiratoires peuvent augmenter leur risque d’avoir un diabète de type 2

L’utilisation de corticostéroïdes inhalés pour traiter certaines maladies respiratoires chroniques peut légèrement augmenter le risque de développer un diabète de type 2.Les auteurs de l’étude disent que l’augmentation des risques ne remet pas en cause les avantages qui restent plus importants pour les personnes qui prennent quotidiennement des corditostéroïdes inhalés pour contrôler l’asthme.

Mais les chercheurs sont inquiets de la menace que représente le diabète lorsque ces médicaments sont utilisés pour faciliter la respiration chez les patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive, ou BPCO, une maladie pour laquelle les avantages des corticostéroïdes en inhalation sont moins claires.

« Pour l’asthme, je ne me pose de questions parce qu’ils sont si efficaces. Ils sauvent des vies », explique l’auteur principal Samy Suissa, directeur du centre d’épidémiologie clinique à l’Hôpital général juif de Montréal.

«Dans les études, les corticoïdes inhalés ne sont pas efficaces chez de nombreuses personnes atteintes de BPCO. S’il n’y a pas d’effet secondaire, ce n’est pas un problème » ajoute Suissa, » par contre, s’il y a des effets secondaires, alors l’équation change.  »

Dr. Suissa souligne que 70% des personnes atteintes de BPCO se voient prescrire des corticostéroïdes inhalés, alors que directives cliniques suggèrent que seuls 15% à 20% en tirent un vrai avantage.

Le diabète et les corticostéroïdes inhalés

Pour cette étude, qui est publiée dans le numéro de Novembre de l’American Journal of Medicine, Suissa et ses collègues ont analysé les archives de prescriptions de médicaments de plus de 388 000 patients, pour lesquels des corticoïdes inhalés ont été prescrits, à Montréal de 1990 à 2005.

Ils ont constaté que le risque d’avoir besoin de médicaments pour traiter une hyperglycémie a augmenté d’environ 34% chez les patients prenant des doses de corticoïdes quotidiennes. Chez ces patients, et aux plus hautes doses, le risque peut atteindre 64%. L’étude a également constaté que les corticostéroïdes en inhalation ont été associés à un risque accru d’avoir besoin de médicaments plus puissants pour contrôler la glycémie, ce qui indique qu’un éventuel diabète préexistant peut être aggravé.

Si une augmentation de 34% du risque peut sembler alarmant, les experts soulignent que les chiffres absolus sont encore minimes. Par exemple, le nombre de personnes diagnostiqués avec un diabète augmenté de 14 pour 1000 à 20 pour 1.000 chez les personnes prenant des corticostéroïdes inhalés.

Petit risque mais possible gros problème

« Il s’agit d’une augmentation modeste, mais ce n’est pas négligeable, car le diabète de type 2 est un problème de santé publique coûteux», explique Elizabeth Kern, directeur du programme sur le diabète au National Jewish Health à Denver, un hôpital spécialisé dans le traitement des maladies pulmonaires.

Kern indique que les résultats de cette enquête ont été très attendu et quelque peu controversé parmi les médecins qui traitent des problèmes respiratoires depuis longtemps, de plus petites études avaient échoué à trouver un risque accru de diabète chez les patients traités avec des corticoïdes inhalés.

D’autre part, un collègue de Kern, Rohit Katial, professeur de médecine au National Jewish santé, a déclaré que, malgré la taille importante de l’étude, il pensait qu’il y avait encore des lacunes importantes, la plus importante étant que les chercheurs n’avaient pas d’informations sur le nombre des personnes qui pourraient avoir été en surpoids ou obèses, ce qui est un facteur de risque significatif pour le diabète ainsi que pour les problèmes respiratoires.

« Pour les gens prenant les doses les plus élevées de médicaments, leur IMC [indice de masse corporelle] était plus élevé? Nous ne le savons pas, l’information n’était pas dans le document » affirme Katial.

Pourtant, il a noté que l’étude a rappelée qu’il était important pour les médecins de viser les doses les plus faibles possible de corticostéroïdes nécessaires pour traiter les problèmes respiratoires et d’ouvrir un dialogue sur les risques avec leurs patients qui ont déjà le diabète.
« Nous leur disons de garder un œil sur leur glycémie » déclare-il.

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