VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine): charge virale

Par Dr. A. Bakzinski , le lundi 14 octobre 2013. Mise à jour mardi 17 novembre 2015
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La quantification de l’ARN du VIH présent dans le plasma (charge virale) indique l’ampleur de la réplication du virus. Combinée à la mesure des lymphocytes T CD4+, elle permet d’évaluer la progression de l’infection et son ralentissement sous l’influence du traitement.

La charge virale peut être mesurée par différentes techniques de biologie moléculaire. La majorité des laboratoires utilisent une technique de PCR en temps réel. Il est recommandé d’utiliser la même méthode et de faire appel au même laboratoire chaque fois que les mesures doivent être répétées.

Valeurs usuelles

Les résultats sont exprimés en nombre de copies d’ARN-VIH par mL de plasma (sur une échelle de 1 à 5 000 000) ou en logarithme décimal (log) de ce nombre (sur une échelle de 0 à 6,7).

Les résultats exprimés en log du nombre de copies/mL sont les plus utilisés car plus commodes. Une différence de plus de 0,5 log entre deux résultats est considérée comme significative. Elle correspond à une variation d’un facteur 3 si le résultat est donné en nombre de copies.

Certaines trousses permettent d’exprimer les résultats en unités internationales pour faciliter les comparaisons de valeurs obtenues par différentes méthodes.

Seuil de détection des méthodes actuelles : 50 copies/mL.

Clinique

Lors de la première mesure de la charge virale, il est nécessaire de préciser au biologiste le type et le groupe du virus détectés par les examens sérologiques de dépistage. En effet, seule la trousse Abbot permet la quantification de l’ARN du VIH-1 groupe O. Les VIH-2 (1,5 % des cas suivis en France) ne sont quantifiés que dans certains laboratoires spécialisés.

La réplication virale est intense pendant la primo-infection et l’ARN-VIH est détectable en moyenne 10 jours après le contage. Six à 9 mois après la primo-infection, elle se stabilise et reste ensuite stable pendant plusieurs années chez la plupart des personnes infectées par le VIH.

La charge virale est ordinairement mesurée tous les 6 mois chez les patients sans traitement rétroviral dont les CD4 sont > 500/μL.

L’objectif du traitement est de faire passer la charge virale au-dessous du seuil d’indétectabilité de 40-50 copies/mL. Le traitement permet d’ordinaire d’abaisser la charge virale d’au moins 0,5 log (3 fois) en 4 semaines et de passer sous le seuil de détection en 8 à 16 semaines selon l’importance de la charge virale initiale. La charge virale plasmatique est ensuite mesurée tous les 3 mois la première année, tous les 6 mois ensuite tant que les CD4 restent > 500/μL.

En cas d’échec secondaire, la charge virale augmente à nouveau. Toutefois il est prudent de ne modifier le traitement qu’après une deuxième mesure. Un dosage des concentrations des antirétroviraux est utile pour détecter des inobservances et adapter les posologies.

En cas de modification thérapeutique, il est nécessaire de mesurer à nouveau la charge virale, 8 semaines après. Un échappement thérapeutique peut conduire à déterminer le génotype de résistance aux antirétroviraux.

Il convient de discuter avec le biologiste d’une éventuelle sous-estimation de l’ARN de certains VIH-1 devant certaines discordances comme le maintien d’un ARN VIH bas et l’absence d’amélioration immunitaire.

Sources & bibliographie

  • René Caquet. 2010. 250 examens de labotaroire Prescription et interprétation. Edition Masson, Belgique, 384 p.

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