VIH (virus de l’immunodéficience humaine) : sérodiagnostic

Par Dr. A. Bakzinski , le mardi 15 octobre 2013. Mise à jour mardi 17 novembre 2015
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La qualité du dépistage de l’infection à VIH a considérablement progressé ces dernières années. VIH est un rétrovirus (c’est-à-dire un virus à ARN qui pour se multiplier doit s’intégrer dans l’ADN de la cellule hôte), ayant un tropisme pour les lymphocytes T4 (CD4).

Précautions de prélèvement

Prélèvement sur tube sec.

Il est indispensable d’observer les précautions recommandées en cas de contact possible avec du sang infectant :

  • mettre des gants ;
  • ne jamais recapuchonner une aiguille nila séparer de sa seringue ou de son tube ;
  • garder à proximité le conteneur où sera jeté le matériel.

Cinétique des marqueurs de l’infection

La réplication virale est intense pendant la primo-infection et l’ARN-VIH plasmatique est détectable en moyenne 10 jours après le contage.

Peu après, 15þjours en moyenne après le contage, la réplication virale libère dans le sang et le LCR l’antigène p24. Il est détectable en Elisa (valeur seuil 20þpg/mL). Il disparaît après la primo-invasion pour ne réapparaître qu’au stade du sida.

Les anticorps apparaissent ensuite, entre 3 et 6 semaines (jusqu’à 3 mois) après la contamination. Ils persistent ensuite indéfiniment.

Dépistage

Le diagnostic biologique de l’infection par le VIH repose sur la recherche des anticorps organisée en une analyse de dépistage suivie d’une analyse de confirmation sur le même prélèvement.

Le dépistage consiste en une recherche des anticorps anti-VIH en Elisa. Les tests de quatrième génération permettent la détection combinée de ces anticorps avec l’antigène p24, au seuil de détection, pour ce dernier, de 20 pg/mL.

Les tests Elisa détectent aussi bien les anticorps dirigés contre le VIH-1 groupes M et O que ceux dirigés contre le VIH-2 (mais c’est le Western-blot qui fera la distinction entre les deux virus).

En cas de positivité du test de dépistage, un test de confirmation est réalisé.

Confirmation

L’immuno-empreinte est la technique utilisée pour cette confirmation qui est effectuée sur le prélèvement initial. Elle révèle non plus les anticorps totaux, mais différents anticorps dirigés contre les différentes protéines du virus : protéines virales séparées par électrophorèse et transférées sur des bandelettes de nitrocellulose (Western-blot) ou protéines recombinantes déposées sur une membrane de nylon (Immunoblot). Le test est positif si le sérum contient au moins une bande correspondant à un anticorps antiprotéines de core, anti-gag (anticorps anti-p24 ou p55) ou anti-pol

(anticorps anti-p34 ou p64) et une bande correspondant à un anticorps dirigé contre l’une des protéines de l’enveloppe (anti-Gp41, Gp120 ou Gp160).

Si le sérum ne contient que des anticorps dirigés contre une seule classe de protéines, il est dit indéterminé. Dans ce dernier cas, il est nécessaire de procéder à une détection de l’ARN viral plasmatique et un Western-blotVIH-2.

En cas de positivité de l’analyse de confirmation, un second prélèvement est réalisé afin d’éliminer une erreur d’identité. Seul un résultat positif sur ce second prélèvement permet d’affirmer l’infection à VIH.

Nouveau-né

Chez les nouveau-nés de mère positive, le diagnostic sérologique est impossible du fait de la présence d’anticorps maternels dans le sang du nouveau-né jusqu’à 15-18þmois.

Le diagnostic repose sur l’isolement du virus à partir des lymphocytes T mis en culture ou sur la mise en évidence de l’ARN-VIH-1 plasmatique ou de la détection de l’ADN proviral par PCR.

La positivité de l’antigène p 24 est de mauvais pronostic.

Sources & bibliographie

  • René Caquet. 2010. 250 examens de labotaroire Prescription et interprétation. Edition Masson, Belgique, 384 p.

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