Ionogramme urinaire

Par Dr. A. Bakzinski , le mardi 10 septembre 2013. Mise à jour mardi 17 novembre 2015
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La mesure de la concentration des électrolytes dans les urines (sodium, potassium, chlorure), associée à celle de l’osmolarité et du pH, contribue au diagnostic des désordres électrolytiques. Le plus souvent, l’ionogramme urinaire se réduit à la détermination du sodium et du potassium, le chlorure étant difficile à interpréter.

Précautions de prélèvement

Recueil des urines de 24 heures contrôlé par la mesure de la créatinine.

Dans certains cas particuliers, dosage du sodium et du potassium sur une miction.

Valeurs usuelles

Il n’existe pas, pour les électrolytes urinaires, de valeurs usuelles fixes, puisque le rein adapte en permanence l’excrétion des différents solutés à l’apport alimentaire.

En état stable, en l’absence de diarrhée ou de sueurs abondantes, chez un sujet se nourrissant normalement :

  • sodium : 50 à 220 mmol/24 h ;
  • potassium : 25 à 130 mmol/24 h ;
  • chlorure : 50 à 220 mmol/24 h.

En fonction des apports alimentaires ou de l’état d’hydratation d’un sujet, les reins sont capables d’ajuster ces valeurs dans des limites très larges : de 0 à 400 mmol/24 h pour le sodium et le chlorure et de 50 à 200 mmol/24 h pour le potassium.

Osmolalité urinaire

Chez le sujet normal, l’osmolalité urinaire peut être estimée par calcul à partir de la formule suivante :

Uosm : [(Na + K) × 2] + urée

Elle peut varier beaucoup : de 50 mOsm/L pour des urines très diluées (diabète insipide) à 1 200 mOsm/L pour des urines très concentrées. Chez un sujet normal, l’urine excrétée est en général hypertonique (600 à 700 mOsm/L).

Natriurèse

La natriurèse est le débiturinaire du sodium. Elle varie avec les apports sodés. Il n’y a donc pas de natriurèse « normale » à proprement parler.

En l’absence de pertes sodées digestives, chez un sujet dont le poids est stable, la natriurèse se situe entre 100 mEq (soit 6 g de sel) et 200 mEq (soit 12 g de sel) par 24 heures les sorties extra-urinaires par voie digestive (0.5 à 5 mmol/24 h) et par la sueur (15 à 20 mmol/24 h) étant très faibles.

L’étude de la natriurèse est utile au diagnostic des déplétions sodées :

  • en cas de pertes extrarénales (digestives), la natriurèse est faible, inférieure à 10 mEq/L ou 24 heures et le rapport Na/K urinaire devient < 1 ;
  • en cas de pertes rénales, la natriurèse est supérieure à 20 mEq/L ou 24 heures malgré la déplétion sodée, et lerapport Na/K urinaire reste > 1.

En cas d’hyponatrémie, la natriurèse est conservée lorsque le pouvoir de dilution des urines est perdu (sécrétion inappropriée d’hormone antidiurétique) ; la natriurèse est effondrée dans les autres cas.

La détermination de la natriurèse est intéressante pour apprécier le suivi d’un régime hyposodé ; la natriurèse doit être basse (1 g de Cl correspond à 17 mmol de NaCl).

Dans l’insuffisance rénale aiguë, la natriurie (c’est-à-dire non plus le débit, mais la concentration du sodium urinaire) peut être utilisée en urgence, pour affirmer le caractère fonctionnel de celle-ci. En effet, dans l’IRA fonctionnelle des hypovolémies et des états de choc, la réabsorption proximale et distale du sodium par des tubules intacts est intense : la natriurie est donc basse : < 20 mmol/L.

Ceci n’est vrai qu’à la condition que l’IRA ne soit pas due à des pertes hydrosodées rénales.

Kaliurèse

En pratique courante, la kaliurèse n’est mesurée que pour rechercher la cause d’une hypokaliémie.

Une excrétion urinaire de potassium inférieure à 10þmmol/24 h suggère une perte extrarénale par diarrhées ou vomissements répétés. Une excrétion de plus de 20þmmol/24 h oriente vers des pertes urinaires (diurétiques).

Rapport Na/K urinaire

Normalement, le rapport Na/K urinaire est > 1.

Dans l’insuffisance rénale fonctionnelle qui est liée en général à une hypovolémie par fuite sodée, la natriurie est basse et l’excrétion du potassium est conservée. Le rapport Na/K est inférieur à 1.

Dans l’insuffisance rénale aiguë organique (néphropathie tubulo-interstitielle aiguë) où la natriurie est élevée, le rapport Na/K est supérieur à 1.

Sources & bibliographie

  • René Caquet. 2010. 250 examens de labotaroire Prescription et interprétation. Edition Masson, Belgique, 384 p.

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