Pollakiurie, uriner beaucoup et fréquemment !
Normalement, une personne adulte urine 4 à 6 fois par 24 heures, essentiellement le jour, pour un volume de 400 à 500 mL / miction, soit un total de 1,2 à 1,6 L / 24 heures. C’est la diurèse, qui correspond au volume total des urines émises en 24 heures.
La miction est définie par l’action d’uriner.
La pollakiurie est l’augmentation de la fréquence des mictions, la personne urine beaucoup et fréquement, elle peut être dissociée en pollakiurie diurne et nocturne.
La pollakiurie peut être liée soit à une diminution de la capacité physiologique de la vessie. Ainsi, pour éliminer 1 L d’urine avec une capacité vésicale de 150 mL, il faut aller uriner 8 fois par 24 h. la pollakiurie peut se voir aussi avec une capacité vésicale normale mais une augmentation de la diurèse supérieure à 2 L / 24 h.
La pollakiurie est à différencier avec d’autres symptômes du bas appareil urinaire :
- Urgenturie: besoin impérieux et fréquemment irrépressible d’uriner. Pouvant entrainer une incontinence dite par urgence mictionnelle.
- Nycturie: besoin d’uriner réveillant le patient au moins 2 fois par nuit.
Auto-évaluation
Comment s’auto-évaluer pour préparer la consultation avec votre médecin généraliste ou urologue ?
Il vous est très utile d’établir un calendrier mictionnel et remplir le questionnaire USP disponible tous les deux sur le site urofrance.org
Le calendrier mictionnel
Le calendrier mictionnel est tout à fait adapté pour explorer la pollakiurie. Il vous est demandé de le remplir sur 3 jours non obligatoirement consécutifs.
Pour une période de 24h nuit comprise, vous devez commencer le recueil des mesures le premier jour dès la première miction du matin au réveil et terminer le lendemain avant la première miction.
Pour réaliser cette évaluation, il vous faut chaque jour, noter l’heure de chaque miction, mesurer la quantité des urines en millilitres grâce au verre mesureur ; et faire l’addition de ces quantités mesurées sur 24 heures.
Ce recueil de données permet à votre médecin d’étudier le plus précisément possible le fonctionnement de votre vessie dans votre vie quotidienne et ainsi de mieux comprendre la répartition de la diurèse sur une journée et les paramètres impliqués dans vos troubles urinaires.
Il ne faut donc pas modifier vos habitudes alimentaires, vos boissons et votre façon d’aller aux toilettes.
Questionnaire USP (Urinary Symptom Profile)
Le questionnaire USP aide à préciser au mieux les différents symptômes urinaires que vous présentez en particulier leur intensité et fréquence au cours des quatre dernières semaines.
Que va faire votre médecin ?
Ancienneté de la pollakiurie
Votre médecin va vous interroger sur l’ancienneté de votre pollakiurie, une anomalie datant de quelques jours ne va pas nécessiter peut-être pas d’être médicalisée sauf si elle s’accompagne de douleurs.
Circonstances d’apparition de la pollakiurie
- Intermittence (exemple : avant un examen)
- Froid
- Situation particulière : une pollakiurie qui n’apparaît que lorsqu’on rentre chez soi (syndrome de la clef dans la porte).
Importance de la pollakiurie
- En nombre de levers pour uriner la nuit
- En période horaire (toutes les heures, toutes les ½ heures) le jour
Retentissement sur votre qualité de vie
Votre traitement
Certains médicaments augmentent la diurèse
Maladies associées
- Diabète
- Troubles du sommeil
- Syndrome parkinsonien
Antécédents médicaux et chirurgicaux
- Problèmes gynécologiques
- Problèmes digestifs
- Radiothérapie pelvienne
Autres signes fonctionnels urinaires
- De la phase de remplissage de la vessie, la pollakiurie peut être associée à l’urgenturie
- De la phase mictionnelle : difficulté d’initier la miction, jet faible, miction saccadée, obligation de pousser
- De la phase post-mictionnelle : gouttes retardataires, sensation de vidange incomplète
- Douleurs en urinant
- Sang dans les urines (hématurie)
L’association des différents symptômes urinaires permet d’orienter les examens complémentaires que votre médecin va demander.
Examen clinique
L’examen clinique de votre médecin est centré sur votre appareil urinaire et génital.
Appareil urinaire
Recherche d’une anomalie des reines ou de la vessie
Appareil génital
- Toucher rectal pour examen de la prostate
- Examen des organes génitaux externes
- Examen gynécologique
Au terme de la consultation, le médecin peut évaluer l’importance du trouble, son retentissement, et proposer un bilan en faisant la différence entre :
- une diminution de la capacité vésicale
- Polyurie
Des examens sont-ils nécessaires ?
Polyurie
Quel mécanisme ?
S’il s’agit d’une polyurie, votre médecin déterminera son mécanisme :
- mauvaises habitudes alimentaires
- maladies responsables d’un excès de diurèse (diabète, insuffisance cardiaque justifiant un traitement diurétique, insuffisance rénale….)
En présence d’une pollakiurie avec ou sans symptômes associés, votre médecin peut être amené à prescrire :
- exploration de la fonction rénale : dosage de la créatinine sanguine,
- examen cytobactériologique des urines : à la recherche d’une infection urinaire,
- échographie abdominale et pelvienne : comportant l’examen du rein, de la vessie, et évaluation du résidu post mictionnel.
- avis gynécologique si nécessaire.
L’avis de l’urologue
Le diagnostic de la cause de la pollakiurie peut justifier le recours à l’urologue, qui complétera éventuellement le bilan par des explorations plus spécifiques :
Examen prostatique clinique et échographique
- Débitmètrie : enregistrement du débit urinaire et de la force du jet.
- Cytologie urinaire : pour s’assurer de l’absence de cellules anormales ou suspectes
- Fibroscopie urinaire
- Bilan urodynamique : pour évaluer le fonctionnement vésical et sphinctérien
- Scanner abdomino-pelvien et urinaire
Quelles sont les principales pathologies en cause ?
Le bilan peut conduire au diagnostic :
Maladie de la prostate
Adénome ou hypertrophie bénigne de la prostate, pouvant relever d’un traitement médicale avec évaluation de son efficacité à 3 mois.
Lésion organique de la vessie
- Cancer de la vessie, chez les personnes exposées (tabagisme, produits cancérigènes)
- Cystite infectieuse ou non,
- Calcul de la vessie ou de l’uretère terminal
Rétrécissement du col de la vessie ou de l’urètre
Ou la pollakiurie est associée à la dysurie
Atteinte neurologique de la vessie
La pollakiurie peut être un signe révélateur
Pathologie d’un organe voisin de la vessie
Maladie inflammatoire de l’intestin.
Atteinte fonctionnelle de la vessie
Hyperactivité vésicale, plus fréquente chez la femme, marquée par des urgences mictionnelles avec ou sans incontinence urinaire. La pollakiurie est souvent présente.
Conclusion
Uriner trop souvent peut être anormale et tous retards au diagnostic ou au traitement peut être préjudiciable. Parlez-en à votre médecin dès les premiers signes.
Publié initialement le : jeudi 18 juin 2015
Bonjour,
Merci pour cet article très détaillé autour de la pollakiurie !
Je me pose cependant la question: La pollakiurie doit-elle être nécessairement traitée ou peut-on vivre avec?
Merci!
Bonjour,
Merci mais à part ces causes y’en a pas d’autres ? Je bois bcp j’urine bcp meme la nuit.diurese:5l. Glucosurie négative et protéinurie positive mon medecin m’a mis sous celesten il ya quelques jrs mais pas de changement. Qu’est ce que ça peut etre ? Merci de m’aider